La famille Beha
chapitre 2
Deuxième jour :
Aurélie fut prise de frissons tôt le matin alors qu'à cause d'une insomnie, elle se
préparait à apprendre un nouveau plat de cuisine. Elle courut au toilette et lorsqu'elle
en ressortit on ne pouvait plus nier que la famille allait s'agrandir...
La matinée fut tranquille, Matthéo partit en forme et un peu excité pour son premier
jour de classe. Aurélie, fatiguée des évènements du matin, se reposait à l'étage et j'en
profitai pour lire le journal. J'appelai aussi le directeur de l'école privée pour l'invité
à diner ce soir. Aurélie et moi voulions la meilleure éducation possible pour notre
enfant, même si ce dernier n'irai pas à l'université, pour reprendre l'exploitation
familiale.
En rentrant de l'école Matthéo, heureux de sa journée en classe, nous rapporta un beau
quatorze sur vingt. C'était sûr, notre fils était le plus doué, même si tous les parents
disent ça...
Après avoir bu un bon jus de pomme, il demanda l'aide d'Aurélie pour faire ces devoirs,
alors même que nous étions vendredi et qu'il avait tous le week-end pour les faire. Au
bout d'une heure de travail, de coups de crayons et de gommes, il avait apprit à faire
ces devoirs seul et cela le motiva encore plus. Il en aurait besoin car le directeur
n'allait pas tarder à arriver.
Et ce dernier arriva à l'heure convenu. Au sortir de sa voiture, je m'empressai de
saluer Mr Boris Barraut, proviseur de son état et d'entamer avec ce dernier une
discussion, lui cirant les pompes au passage.
Il demanda ensuite à visiter la maison pour se faire une meilleure opinion sur notre
famille. Il apprécia tout particulièrement la cuisine ainsi que notre chambre à coucher.
Pour finir nous dinâmes ensemble, en dégustant les succulentes côtes de porcs qu'avait
cuisinées Aurélie à cette occasion. Elle était montée se coucher, fatiguée par le bébé
qui n'arrêtait pas de bouger dans son ventre.
Au milieu du diner Mr Barraut parla à Matthéo :
"Alors ton papa m'a dit que tu aimais l'histoire ? "
"Oui, surtout l'Antiquité. J'adore les Grecs et les Romains."
"Ah oui ? Cela tombe bien car à l'école on organise une visite au musée. Je pense que tu
apprécieras ! "
C'est alors que je compris :
"Mais alors vous l'accepter ? "
"En effet Mr Beha, avec un score de 136/90 cela me semble tout à fait correct."
Après avoir raccompagné Mr Barraut, j'allai me coucher le cœur en fête.
Troisième jour :
Aurélie fut à nouveau prise de frissons au milieu de la nuit ce qui, en plus de la
réveillée soudainement, accentua son sentiment de malaise. Son ventre lui pesait de plus
en plus et elle souhaitait par dessus tout, mener cette grossesse à terme le plus
rapidement possible. Je commençais à m'inquiété pour la santé d'Aurélie et du bébé.
Aurélie était extrêmement fatiguée par sa grossesse, plus qu'elle ne l'avait été avec
Matthéo. Elle passait beaucoup de temps à dormir ou simplement à se reposer, assise
sur le canapé. C'est pourquoi Matthéo m'était d'un grand secours. Il m'assista toute la
journée aussi bien pour les tâches ménagères que pour l'entretien du potager.
Si bien que je le laissai s'occuper de la taille des arbres, en lui recommandant d'être
vigilant avec le sécateur. Il obtint son badge bronze en jardinage avant la fin de la
matinée, qui fut anormalement chaude pour la saison, nous obligeant à retirer nos tenues
d'extérieurs.
Au cours de l'après-midi Aurélie eut le désir soudain d'adhérer au club de jardinage.
Elle décrocha donc le téléphone et fit venir Thibaud Dumas et son équipe pour qu'ils
inspectent notre exploitation.
Malgré la chaleur et son ventre qui lui faisait mal Aurélie suivit avec attention le
groupe d'experts qui arpentait en tous sens notre jardin. Matthéo et moi restions aux
côtés d'Aurélie pour la soutenir aussi bien moralement que physiquement jusqu'au
moment où Thibaud nous fit part du résultat.
Et ce dernier se révéla être des plus satisfaisant. Outre le fait d'obtenir sa carte
de membre, Aurélie reçut une récompense monétaire de 1365§ ainsi qu'un puits à souhait
qui vint agrémenter notre jardin. Matthéo se précipita, contre l'avis de sa mère, pour
aller boire de l'eau tirée du puits.
Nous le retrouvâmes allongé sur le canapé, quelques instants après, dormant comme un
loir. Nous ne savions pas si cela était dut à l'eau du puits, à la chaleur, ou bien à l'effet
des deux conjugués.
Nous profitâmes de cet instant de calme pour nous retrouver tous deux autour de
l'étang, discutant pendant que nos lignes flottaient distraitement à la surface de l'eau.
Je réussis tout de même à attraper un silure bleu et à obtenir du même coup mon badge
bronze en pêche.
Mais cette après-midi prit fin sous une pluie qui s'était mise à tomber abruptement,
faisant ainsi tomber la chaleur qui régnait depuis le matin. Nous nous retrouvâmes donc
dans le salon pour passer la fin de la journée en famille.
Quatrième jour :
Les contractions débutèrent vers six heures du matin, Aurélie poussa un cri qui réveilla
toute la maison. Nous nous précipitâmes, Matthéo et moi, pour venir soutenir Aurélie
pour qui la douleur devenait insupportable. Finalement dans un dernier cri de douleur,
elle donna naissance à Pierrick, un petit garçon qui ressemblait déjà beaucoup à sa
mère.
Mais à peine m'avait elle remis Pierrick dans les bras, qu'elle fut à nouveau prise de
contraction. Après un nouvel et ultime moment d'effort, la petite Sophie, qui elle
ressemblait à son père, vint au monde.
Des jumeaux ! Nous avions eu des jumeaux !
Cela expliquait pourquoi cette deuxième grossesse semblait plus difficile que la
première. Nous fîmes juste après l'accouchement, une photo de famille dans le jardin,
pour la postérité.
Mais notre maison devenait bien petite avec l'arrivée de deux nouveaux occupants.
Aussi nous décidâmes qu'il fallait effectuer des travaux d'agrandissements, vers le
haut, pour respecter les règles d'occupation de l'espace du défi.
Pour éviter de vider notre porte-feuille, je me rendis au puits afin d'y faire un vœu
d'argent, qui se réalisa.
Et c'est ainsi que notre ferme s'agrandit d'un étage où furent aménagées quatre
nouvelles pièces. Il y avait les deux chambres de Pierrick et Sophie, une salle de bain
et une pièce d'étude.
Aurélie, après avoir couchée les nouveaux nés, s'offrit une séance de yoga. Cette
dernière fut à la fois relaxante et tonifiante pour ce corps qui avait si souffert de
cette grossesse.
Matthéo lui opta pour une matinée pêche au bord de notre étang. Il espérait pouvoir
attraper notre repas, une perche truitée géante, afin que ce dernier soit plus festif à
l'occasion de la naissance des jumeaux.
Au cours de l'après-midi, pendant qu'Aurélie se reposait, je fis appel à Matthéo pour
m'aider à récolter nos premiers fruits du second cycle. L'on obtint une récolte
d'oranges savoureuses et une d'oranges alléchantes.
Le seul évènement notable de la fin de journée, fut la fuite d'un lavabo qui provoqua
une inondation au premier étage. Aurélie eut toutes les peines du monde pour le
réparer.
Cinquième jour :
Je ressentis au milieu de la nuit comme un sentiment d'angoisse. Le tumulte sauvage
avait commencé. Rangées en ordre de bataille, les deux armées se toisaient
mutuellement. La charge fut donnée, et la mort s'abattit sur le potager. L'armée des
coccinelles avait vaincu les pucerons qui avaient envahi nos plants.
Aurélie se leva avant l'aube, par habitude depuis sa grossesse, pour aller cueillir les
pommes et les citrons qui étaient à présent prêts pour la récolte. La moitié d'entre elle
se révèla être savoureuse, l'autre alléchante. Le poids de ces lourds fruits faisaient
ployer les branches des arbres qui accueillirent comme une délivrance, cette cueillette
matinale.
Au cours de la matinée, malgré la pluie qui tombait par intermittence, Aurélie et moi
commençions à préparer le potager pour l'été. En effet nous avions un nouveau plan
d'aménagement de ce dernier, qui nécéssitait que nous fertilisions des carrés de terres
que nous ensemencerions pendant l'été.
Pendant l'après-midi, Aurélie décida d'obtenir son badge bronze en pêche. Elle se mit
donc à l'ouvrage avec patience et réussit à pêcher un magnifique silure bleu.
L'obtention de son badge ainsi que la pêche du silure bleu la mirent de très bonne
humeur.
Pendant ce temps je m'occupai des jumeaux. Je retrouvais les réflexes acquis pendant
la petite enfance de Matthéo, aussi bien pour changer les couches que pour donner le
biberon. Mais avec des jumeaux la tâche fut un peu plus compliquée, et je m'essoufflais
au cours de cette après-midi, passée à courir d'une chambre à une autre.
Quand le bus déposa Matthéo devant la maison, l'on vit ce dernier sortir en trombe et
courir à notre rencontre. Il voulait nous montrer le mot de son professeur qui nous
informait qu'il avait été nommé premier violon de l'orchestre de l'école, se qui lui
rapporta un point de plus en créativité. Et pour couronner son bonheur, il nous montra
fièrement la note de sa dernière évaluation: un vingt sur vingt. J'en fut alors certain,
notre fils était un petit génie !
Nous nous dirigeâmes alors vers la cuisine pour déguster un jus de pomme pour le
goûter, pendant qu'Aurélie décrocha le téléphone et appela les services d'adoptions
d'animaux. Nous avions en effet décidés, au vue des résultats de Matthéo, d'accéder à
un de ces désirs: élever un chaton.
C'est ainsi que Matthéo fit la connaissance quelques instants après d'Ulysse, son
nouveau chaton. C'était un génie, ni trop paresseux, ni trop actif, plutôt affectueux et
surtout exigeant. Matthéo semblait ravi et il s'entendit immédiatement avec le nouveau
membre de la famille.
Mais pour garder Ulysse, Matthéo devait maintenir ces résultats scolaires. Il fit donc
ces devoirs, avec mon aide, immédiatement après avoir installé Ulysse dans la salle à
manger.
Matthéo devait aussi prendre en charge l'éducation du chat, avec notre soutient, bien
entendu. C'est ce qu'il fit immédiatement et avant la fin de la soirée, Ulysse avait
apprit à ne pas monter sur les meubles. C'était déjà là un bon début.
Nous passâmes ensuite à table, Aurélie ayant préparée une délicieuse salade du chef.
Ce repas fut l'occasion pour nous de mettre au point les derniers détails de la journée
de demain, qui devait voir le réaménagement de notre potager pour l'été.
La pluie, un éclair, le tonnerre.
L'orage éclata après le repas et nous devions encore récolter les derniers plants
d'haricots et de concombres, avant les travaux du lendemain. C'est donc sous une pluie
torrentielle que nous nous attelâmes à la tâche. Heureusement le produit de la vente fut
suffisamment élévé pour nous redonner le sourire.
La pluie, un éclair, le tonnerre.
L'orage redoubla d'intensité au cours de la nuit et j'eus à me lever plus d'une fois pour
réconforter les jumeaux qui ne cessaient de pleurer. Matthéo lui aussi eut du mal à
trouver le sommeil et c'est toute la famille qui souffrait de cette orage.
Eté du second cycle :
Premier jour :
La pluie, un éclair, le tonnerre, un cri.
Ce fut un cri tel que je n'en avais encore jamais entendu. Un cri de douleur et d'agonie.
Ce fut le cri que poussa Aurélie avant de s'écrouler sur le sol. Elle avait été frappée
par la foudre. Elle était morte.